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La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Les Fils d'Irra Index du Forum  » Borsippa  » La Bibliothèque de Sammar-Haa  » La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Ven 17 Avr - 15:35 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Deux jours avaient coulés, et malheureux, il était l’heure du départ pour Koran et son cousin.
De là où il était, Ishtar assistait tristement au démantèlement de la tente, où il avait couché avec son cousin.
La calèche attendait juste derrière lui, Nee’Lahn, stoïque, était prostrée dans les bras de son bien-aimé. Elle pensait sans relâche, ressassant amèrement les vestiges du souvenir, au fait qu’il allait bientôt partir.

Quand tout le monde fut monté et que les chevaux commencèrent à racler le sol d’impatience, Ishtar embrassa sa bien-aimée, et lui dit de penser à lui. Et d’un seul geste disparu derrière la porte, en lui murmurant un je t’aime plein de sentiments.

Alors qu’il s’éloignait doucement, il se demanda ce qui pouvait bien l’empêcher de rejoindre sa belle compagne, mais, à quinze ans, on ne décide pas soi même de sa vie…

Tout le temps que dura son voyage jusqu’à la résidence de son oncle, Ishtar pleura de chaudes larmes qui l’empêchèrent de profiter des derniers jours de soleil de l’été.
Triste et abattu, il ne prit pas même la peine de manger pendant trois jours entiers, et pour qu’il boive, il fallait lui poser un couteau entre les cotes.
 

Pour lui, le monde n’existez plus. Car elle n’était plus là.
 

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 Message Posté le: Ven 17 Avr - 15:35 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Nee'lahn
Sumer

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Inscrit le: 20 Jan 2009
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 Message Posté le: Ven 17 Avr - 15:38 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Lorelai la serra contre elle, lui murmurant qu’ils se reverraient bientôt, et qu’elle restait là, qu’elle serait là pour elle. Nee’lahn avait suivi des yeux la diligence qui s’enfuyait à travers la cime des arbres en contrebas, sans un mot, perdue encore dans son regard. Elle avait mis du temps à réaliser qu’il s’en allait, et que cela pouvait être la dernière fois qu’elle le voyait.
Dans les pires situations, la jeune fille avait appris à garder la tête haute, repoussant les larmes et faisant taire son état d’âme. Barbara, la mère de son amie lui demanda avec insistance si tout irait bien maintenant que le jeune homme partait avec le petit bout de couple, qui après la surprise la plus totale, avait éclairé de douceur la compagnie réunie. Elle sourit et répondit qu’elle s’en sortirait et qu’il ne fallait pas que l’on s’inquiète pour elle.

C’était avec une grande impatience qu’elle avait attendu ces vacances loin de ses parents, avec sa meilleure amie au bout de l’aventure, mais c’était à présent avec un immense désarroi qu’elle se retrouvait seule, dans ce lieu qu’elle ne connaissait pas, qu’elle ne reconnaissait plus sans sa présence à lui.

Elle joua le rôle qu’on attendait d’elle, même si le temps qu’elle passait pencher sur un morceau de parchemin, une plume à la main, n’échappait à personne. 

_________________


Dernière édition par Nee'lahn le Ven 17 Avr - 15:41 (2009); édité 1 fois
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Nee'lahn
Sumer

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Inscrit le: 20 Jan 2009
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 Message Posté le: Ven 17 Avr - 15:40 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Le soir même, alors que les jeunes filles, privées de leurs amitiés masculines, se prélassaient au bord du lac, un coursier à cheval fit parvenir une missive adressée à Ishtar. Comme elle n’avait aucun moyen de le prévenir, Nee’lahn se permit de l’ouvrir et de la lire. Une bile âcre coula dans sa gorge quand elle eut fini d’en prendre compte. C’était une lette écrite par Dame Céci, celle qui avait tant de fois brisé les songes vains d’Ishtar quant à leur amour sans lendemain. Cette dernière se trouvait donc dans une ville voisine, et elle espérait peut-être pouvoir le rejoindre et passer un peu de temps avec lui. Elle avait vaguement entendu parler de Nee’lahn et c’est avec une indifférence hostile qu’elle dénigrait leur amourette de vacances.

La jeune fille comprima la feuille de papier entre ses doigts serrés et la jeta au loin. Lorelai, avec étonnement, alla la chercher, la lut et, comprenant la réaction de son amie, lui proposa de répondre à cette impertinente. Nee’lahn hésita, mais devant la véhémence de Lorelai, elle finit par accepter. Elle en profita également pour élaborer un compte rendu des évènements qu’elle enverrait à Ishtar lorsque cette affaire serait réglée.

Elle reprit son parchemin et sa plume et commença sa courte lettre.

    Dame Céci,

J’ai le regret de vous annoncer qu’Ishtar ne se trouve plus en nos terres, mais est reparti tantôt avec son oncle et son cousin dans vos contrées. Vous ne pourrez donc pas le voir avant votre retour chez vous, et je vous prierais également de faire preuve d’un peu plus de considération vis-à-vis de moi-même et quant à ce que nous avons partagé tous deux pendant cette semaine, ainsi que l’avenir que pourrait déceler ce que vous ne qualifiez que de nébuleuse relation. Je me permets enfin de vous faire remarquer que vous avez eu votre chance et que si vous ne l’avez pas saisi à temps, cela n’est pas ma faute.

En espérant que vous ferez bon séjour au soleil,
Cordialement,
Nee’lahn.

Avant que celui-ci ne s’en aille, les jeunes filles avaient prié le messager de les attendre et de prendre un verre dans la cuisine. Quand elles eurent fini, elles lui confièrent leur réponse et il les assura qu’elle serait transmise à sa destinatrice dans les plus brefs délais. Commença alors un enchevêtrement d’échanges, plus piquants les uns que les autres, entre les deux rivales dans leur deux villes voisines, se débattant toutes deux pour un seul et même homme. Finalement, Dame Céci reconnut qu’elle avait eu tort de la traiter ainsi. Elle présenta des excuses à Nee’lahn, ne souhaitant que le bonheur d’Ishtar, qu’elle tenait en son cœur comme un très bon ami qu’elle ne voudrait en aucun cas voir souffrir. Nee’lahn accepta ses repentirs, promettant à la demoiselle que nul mal ne serait fait à ce dernier.

Plus tard, Ishtar reçut avec stupéfaction le témoignage des évènements relatés par sa bien-aimée et apprécia avec un sourire sardonique la manifestation de jalousie commune des deux désirables jeunes femmes pour lui seul...
 
 
 

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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Dim 3 Mai - 16:45 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Depuis quelques temps la vie avait repris, Ishtar était toujours aussi amoureux de Nee et celle-ci lui rendait bien son amour. Mais, l'Académie rouvrit trop tôt ses portes, et les deux jeunes gens furent éloignés par les cours d'aide stratégique, de gestion des armées, et même de maintien à table.

Quand Ishtar arriva le premier jour dans son école, il se sentie perdu, lui qui connaissait tout le monde avant, n'avait ici que peu d'amis.

Heureusement pour lui, se trouvait dans sa session Dame Céci, une vieille connaissance...

Alors que la première heure se déroulait doucement un jeune homme s'approcha d'Ishtar, et lui dit :


S'lut, j’me nomme Yan Du Buisson, fils de la Dame du Buisson, et toi ?

Troublé, Ishtar ne répondit pas tout de suite, mais, ne s'arrêtant pas sur l'accoutrement extravagant du personnage, il déclara:

Ishtar, Ishtar Haii.

Quand il entendit le titre de noblesse de l'homme, le jeune extravagant eut un mouvement de recul, les Haii étaient connus pour être de redoutables escrimeurs, et leur talent s'étendait bien plus loin que leur simple propriété.

A la fin du cours, les deux jeunes gens sortirent en courant de l'établissement pour entreprendre un duel acharné, Ishtar prenant vite l'avantage, il laissa tout de même Yan Du Buisson croire à la victoire avant de lui assener un violent coup de sabre en bois sur le sommet du crâne.

Non loin de là, un jeune homme de leur session les regardaient, tout en faisant tourner dans ses mains deux couteaux de lancé.

Il s'approcha d’eux et se présenta :


Lulu Longs Cheveux, je vous ai vu vous battre, vous n’êtes pas trop mauvais.   

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Nee'lahn
Sumer

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 Message Posté le: Lun 18 Mai - 18:28 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Et la vie reprenait son cour, après les étincelles inhabituelles de cette si belle rencontre…
 

A des kilomètres de là, Nee’lahn, qui venait seulement de changer de domaine d’habitation, et qui se languissait déjà de ses souvenirs passés, se dirigeait elle aussi, à pas trainants, jusqu’aux portes de prison de son académie… Mais que pourrait-elle donc apprendre de bien dans un endroit aussi lugubre ?
Elle ne voulait pas se battre, bien qu’elle soit loin de rester sans défense dans les moments critiques, giflant plutôt avec ses mots plutôt qu’avec ses mains (la plupart du temps), la jeune fille au caractère posé n’aspirait en réalité, qu’au plus pur des pacifismes.
Il était hors de question qu’elle apprenne la couture… Et puis, elle était loin d’être douée pour ça… Plutôt habile de ses doigts, cet art-là lui avait toujours échappé, quelques peines que ce soit donnée sa grand-mère pour y remédier.
Enfin, ses catastrophes en cuisine avaient été assez nombreuses pour que tous ceux qui la connaissait la fuient comme la peste à chaque petit plat mijoté, quelque soit la dose d’amour avec laquelle elle l’avait préparé…
Et elle ne connaissait personne ici, et l’espèce d’harpie obèse qui se voulait être la responsable de sa section la dégoutait déjà de son séjour parmi les étudiants…
Assise à sa table, la tête posée sur ses bras croisés, elle attendait, rêvassant à ses vacances et à son bien-aimé, elle attendait que la fatidique cloche sonnant la pause la préserve de son supplice… D’une oreille distraite, cela faisait beaucoup trop de temps qu’elle ne prenait plus garde à ce que l’on pouvait se dire.
Quand la sonnerie qu’elle attendait tant vrilla enfin ses tympans de son chant discordant, elle soupira de soulagement, et s’enfuie dans le couloir. Elle s’adossa au mur et dévisagea discrètement les inconnus qu’elle allait devoir côtoyer pendant une petite année.
Une fille, aux cheveux châtains et aux yeux bleus, sans trop d’éclat au dessus de son nez un petit peu aplati, la prenant peut-être en sympathie, lui demanda si elle connaissait quelqu’un ici, et si dans le cas contraire, elle voulait bien se joindre à elle.

Je m’appelle Marina. Et tiens, je te présente Sunssane… On était dans le même collège.

Une tornade aux boucles brunes lui sourit alors de toutes ses dents, de ce sourire qu’elle ne quittait jamais et qui n’avait rien de plus sincère… Nee’lahn le lui rendit, et sans un mot, sortit avec elles deux dans la cour pavée.
 

Mais qu’est-ce qu’il lui manquait… 

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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Ven 29 Mai - 16:52 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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L'épée dessina un arc de cercle au dessus de sa tête… Se projetant au sol pour éviter le coup fatal, il roula sur lui même et se releva d'un bond. Un grand sourire aux lèvres, son adversaire avait tout de même laissé passer sa chance… Maintenant, son tour était en route. Il feinta sur le coté droit, faisant décrire à sa lame un zigzag sur les flancs de son ennemi. Celui-ci recula, se prépara à contre-attaquer, mais un coup d’estoc vers les genoux le força à parer au dernier moment. Tombant sous la force de l'impact, il rampa pour se relever mais l'épée d'Ishtar Haii se trouvait déjà posée sur sa nuque.

"Tu as encore perdu Karlaas" dit le vainqueur en riant bruyamment.

Alors qu'ils retournaient vers la propriété d'Ishtar, les deux jeunes gens furent interrompus par le peintre du village, qui arrivait à brides abattues.

"Les portraits que vous m'avez demandé mon seigneur" dit il, en tendant à Ishtar une pile de peintures juste sèches, "Je les ai faits sur le modèle de celui de votre compagne."
S'excusant qu'il devait encore livrer plusieurs colis, il prit congé des deux amis.

Karlaas, homme de main et meilleur ami d'Ishtar, saisit alors l’un des portraits de la jeune fille et le regardant, il s’exclama :
"Tu ne me l'as jamais présentée Ishtar, elle est vraiment belle."

Sans répondre, Ishtar confia le paquet à son écuyer qui les suivaient et proposa de faire galoper les chevaux jusqu’aux écuries. A peine eut-il fini sa phrase, qu’il fit partir son étalon.

Le soir était tombé alors qu’il se retrouvait seul et qu’il se préparait à écrire à sa compagne. Machinalement, il recompta les portraits, et s'aperçut qu'il en manquait un.
"Le peintre a du l'oublier, ou l'écuyer le faire tomber et me le dissimuler puisqu’il était souillé… Après tous, avec ces cent exemplaires, j'ai de quoi la contempler..." murmura-t-il.

Le lendemain, tandis qu'il se dirigeait vers son école au triple galop, ayant perdu du temps à chercher son épée, il croisa le chemin de Yan du Buisson, en compagnie d'un groupe de personnes, parmi lesquelles il reconnut LuLu Long Cheveux.
Mettant pied à terre, il fut présenté.
Il y avait ici Nicoas, un dandy aux allures de poète; Analys, la fille d'un riche commerçant de vin et Floryan, un grand seigneur et grand ami d'Analys.
Quand celui-ci vit l'épée aux cotés d'Ishtar, il ne fit ni une, ni deux et le provoqua en duel.

Un combat que le jeune Ishtar gagna facilement, et, grâce auquel il gagna l'amitié de Floryan.
 

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Nee'lahn
Sumer

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 Message Posté le: Ven 29 Mai - 19:24 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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La jeune fille marchait, sa besace se ballotant doucement au rythme de ses pas trainants. La journée avait été longue, et sans grand intérêt… Comme l’avait été les jours précédents et comme risquait de l’être tous ceux qui suivraient dans cet établissement. D’humeur maussade, elle regardait sans trop les voir les feuilles encore vertes, à l’approche de l’automne, envolées par la brise caressante. Il faisait beau, le soleil rayonnait dans un ciel si bleu, mais son cœur, à elle, se languissait d’une plage et des vagues houleuses dans sa marée de souvenirs. Elle arpentait le sentier qui la ramenait dans sa nouvelle demeure… Elle avait d’abord du quitter ses amis avant de quitter celui à qui, pour la première fois, elle avait offert son amour et dont elle avait reçu le sien, inconditionnellement. Elle repensa, mélancolique, aux sombres heures qu’elle avait passé, pleurant ses regrets sur l’épaule de sa meilleure amie qu’elle devait abandonner à ses déboires, puis, plus tard, aux nuits de solitude, les yeux fixés sur son plafond de chaux blanche, les yeux perdus au fond de sa mémoire, la mémoire de ces si beaux instants. Elle aurait donné n’importe quoi pour se retrouver sur la grève encore une fois, sa main dans la sienne, et leur hypothétique histoire plus forte que jamais.
Il était si loin d’elle, et elle était si seule à présent…
Alors qu’elle arrivait enfin devant le grand portail qui masquait l’entrée du domaine, sa nouvelle voisine, Lauriane, à peine plus jeune qu’elle, courut à sa rencontre.

Nee’lahn ! Tu es déjà là ? Tu vas être contente, il y a du courrier pour toi !

Bien qu’elle ne la connaissait en vérité que depuis quelques jours, Nee’lahn, dans un excès d’enthousiasme et dans une bouffée de bonheur avait déjà tout conter de l’histoire à la brunette, ce qui n’avait pas manquer de l’impressionner.

Je crois que j’en aurais bien besoin… Merci beaucoup…

Un peu trop curieuse, Lauriane lui tendit l’enveloppe… Non, les enveloppes… qui lui étaient destinée, dans l’espérance qu’elle les lise devant elle. Nee’lahn lui fit un petit sourire, faisant signe au concierge qui se tenait non loin de là de lui ouvrir. Elle déposa un baiser sur la joue de son amie, et se dépêcha de rentrer.
En soupirant, elle laissa tomber son sac plein de livres et de parchemins griffonnés sur les dalles de pierre de l’entrée, gravit les escaliers quatre à quatre et s’étendit sur son lit à baldaquin.
Fébrilement, elle décacheta la première enveloppe, où elle avait immédiatement reconnu l’écriture de son amoureux.  

    Ma chère et tendre,

Si tu savais comme tu me manques… Et comme le temps sans toi me parait insipide, après tout ce que nous avons vécu… Tu sais, c’est dur de prendre conscience qu’après avoir été si proches, nous voilà condamnés à ne rester en contact que par des lettres, que par un bout de papier et des taches d’encres incertaines apposées ça et là, insensibles, insensées. L’amour que je te témoigne ne peut être transcrit par des mots, aussi froids restent-ils. J’aimerai tant te serrer dans mes bras, me noyer dans tes yeux, tes yeux que j’aime tant.
Je ne sais pas si tu as parlé de moi à tes parents… Je sais qu’il est peut-être encore trop tôt… Mais le fait que je ne sache pas quand nous pourrons enfin nous revoir me torture et me donne tant de vague à l’âme que je ne sais l’estomper qu’au fil de mon épée.
J’espère que tes premiers jours passés dans ton Académie se sont bien passés… Pour ma part, j’ai fait de sympathiques rencontres et livré de nombreux combats. Hélas, il ne manque que toi…
J’espère obtenir une réponse le plus vite possible…
Sache seulement que je t’aime… Ne l’oublie pas.
    
Ishtar  
    

Les larmes aux yeux, Nee’lahn plia délicatement la précieuse missive entre ses doigts tremblants. Elle ne doutait pas que rien ne l’empêcherait d’y répondre dès ce soir, quelle quantité de travail elle put avoir à faire.
Elle prit ensuite la seconde enveloppe. Alors qu’elle avait cru qu’elle provenait de Lorelaï, son écriture inconnu la détrompa vite. Étonnée, elle la décacheta et la lit, sans que sa surprise ne décroisse :

    Bonjour Nee’lahn (je crois que c’est comme cela que votre prénom s’écrit… si ce n’est pas le cas, pardonnez-moi mon impudence),

Je me présente, Sir Karlaas, Troisième du Nom, Seigneur des Contrées Détromperies, Homme de main, Confident, et Meilleur Ami d’Ishtar Haii. Cela peut paraitre inconvenant, mais j’ai profité du fait qu’Ishtar m’ait chargé de poster ses lettres pour prendre votre adresse et vous adressez ces quelques mots. Il m’a tellement parlé de vous, que je brulais de vous connaitre… En espérant que vous ne me jugerez pas de façon impromptu et que vous accepterez ma modeste amitié, en témoignage à ma si étroite relation avec votre compagnon.
    

Mes salutations gente dame,
Karlaas.
    

La jeune fille considéra la lettre, les sourcils froncés. Puis elle la délaissa, pour relire une énième fois celle de l’élu de son cœur.
    

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Ishtar Haii
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 Message Posté le: Jeu 4 Juin - 19:55 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Alors que la nuit tombait sur sa demeure, le jeune Ishtar reçut un courrier de sa belle, lui expliquant en quelques mots sa journée :

  
Bonjour, ô mon doux,
 
 

Pour moi, tout va bien dans mon comté… Tout se passe à merveille et je me suis déjà faite une amie, elle est sympa… mais plutôt collante… Et tu me manques tellement…
Ça a été si dur de revenir à la réalité, si tu savais…
J’ai reçu ton message, mon amour, et je te remercie de penser à moi.

Je réponds vite, je dois m’en aller faire la cuisine avec nos servantes. Promis, je prendrai du temps pour te répondre une longue missive à mon retour…

Bonne nuit mon petit ange...
 
 

Ta bien-aimée
  
 

Relisant plusieurs fois la lettre de sa douce, il expira doucement… Comme le temps était long sans elle, et comme il rêvait de la revoir enfin.
Mais ses rêves se perdaient ineffaçablement dans des soupirs trop vite poussés, et, alors que la vie défilait devant ses yeux, il ne pouvait aller dans ses bras.
Il prit néanmoins le temps de lui répondre et de lui exprimer au combien elle lui manquait, avant d’aller se coucher, car, demain, l’académie l’attendait…

Se levant promptement aux six coups du clocher, Ishtar prit son sac, son épée et une tranche de rôti de bœuf avant de sauter sur le dos de son cheval.

Arrivant au triple galop dans la cour de son école, il aperçut son ami Lulu Longs Cheveux, sur un Alezan noir. Criant son nom, il avança dans sa direction et mit son étalon dans le boxe voisin de celui de son compagnon de classe.
Remontant le long chemin vers les amphithéâtres, les deux jeunes gens discutèrent d’une passion devenue commune, le Ojeu.
Un jeu très à la mode et qu’Ishtar pratiquait depuis sa tendre enfance. Ce Ojeu consistait à construire avec des pièces du jeu, un empire, une nation et à faire évoluer le tout au cours du temps.
Ce jeu ne se jouant pas en une heure, mais en dix, ou vingt ans.

Écoutant sa professeur de Langue parler à sa section, Ishtar sut, que, une fois de plus, la journée allait être longue…
  


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Nee'lahn
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 Message Posté le: Mar 9 Juin - 21:53 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Nee’lahn était assise contre le mur du vieux gymnase de l’Académie. D’un œil distrait et sans grand intérêt, elle regardait ses camarades de classe jouer à un sport appelé La main Ballonnée. Comme son nom devait surement l’indiquer, ce jeu se pratiquait exclusivement à la main et son but premier était d’envoyer la petite balle de cuir dans la cage adverse afin de marquer un but. Bien qu’elle en ait beaucoup aimé un de ses lointains cousins, et qu’elle l’appréciait d’habitude, ce jour-là, rien ne l’avait motivé à courir après le ballon, ni après les rares passes de ses coéquipiers. Même si elle n’avait jamais été très douée pour marquer des points, sa défense n’était pas trop mauvaise, et elle était très efficace lorsqu’il fallait « remonter la balle » aux attaquants. Cependant, comme à leur habitude, les membres de la gente masculine ne reconnaissaient pas la valeur de la horde de filles qui envahissait leurs équipes et gardaient leur fâcheuse tendance à ne jouer qu’entre eux…

Alors Nee’lahn, revenue au banc des remplaçants, rêvassait à son prince, s’imaginant secrètement ses faits et gestes à cet instant précis. La distance rendait d’autant plus difficile cet exercice qu’elle n’avait strictement aucun moyen de les connaitre. Elle s’égarait dans ses pensées quand deux jeunes filles qu’elle connaissait à peine vinrent s’assoir à ses côtés. La première, Mathilda, était blonde, un peu plus grande qu’elle, les épaules plus carrées. Elle souriait en permanence, de ses dents un peu écartées, qui faisaient pétiller ses jolis yeux verts. La seconde, nommée Ophélia, était plus petite et toute menue, affublée d’une joyeuse chevelure orange vif.

« - Tu ne connais personne ici, pas vrai ?
   - Tout à fait vrai… répondit Nee‘lahn, un peu surprise.
   - Où est-ce que tu habitais avant d’atterrir ici ?
   - J’habitais à la ville, pas très loin d’ici, dans une région voisine.
   - Ça a du être dur de quitter tous tes amis, tout ce que tu connaissais…
   - Ce n’est rien de le dire ! Mais tôt ou tard on se fait une raison, et on s’y habitue. Et mon petit ami m’a beaucoup aidée de ce côté-là.
  - Ooh, tu as un amoureux ? Il est ici ? »

Nee’lahn rit faiblement et répondit, le regard dans le vague :

« Malheureusement non… Nous nous sommes rencontrés en vacances, mais lui réside à plus d’une centaine de kilomètres d’ici. J’ai de la famille là-bas, je connais un peu le comté, mais on ne se voit pas souvent… »

Les deux filles compatirent en hochant la tête. Nee’lahn, d’une nature très timide, n’aimait pas beaucoup parler d’elle, mais son Ishtar devenait une véritable fierté pour elle, et il n’y avait que sur ce sujet-là qu’elle parvenait à être un peu plus loquace.

« - Sinon, tu sais ce que tu veux faire, toi, plus tard ? demanda Ophélia.
   - Heu… Je ne suis sûre de rien pour l’instant… Tout ce que je sais, c’est que j’ai une réelle passion pour l’écriture… Et les sciences humaines… Mais cela reste un peu flou…
   - Nous, nous voulons toutes les deux devenir infirmière…
   - Et même partir pour aider les contrées les plus pauvres, précisa Mathilda.
   - Cela doit être embêtant de ne pas trouver sa voie… Quand on a un projet auquel on aspire de tout cœur, tout devient plus facile à vivre… On peut alors donner le meilleur de nous-même pour atteindre nos objectifs et réaliser nos rêves… La motivation est toujours là et reste ce qu’il y a de plus solide… J’espère que tu trouveras la tienne, avec certitude ! »

Bien qu’elles ne parlassent que de futures professions, Nee’lahn ne put s’empêcher encore une fois de songer à son bien-aimé. Dire qu’elle avait failli tout laisser tomber en retournant chez elle… Elle ne pourrait jamais le remercier assez de l’avoir convaincue d’essayer… Et elle l’était vraiment, convaincue que ça en valait la peine…

Pourtant, lorsqu’elle rentra chez elle en fin de journée, la lettre qu’elle reçut d’Ishtar semblait un peu plus distante qu’à l’accoutumée… Et cet étrange Karlaas lui avait encore écrit…
      

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Ishtar Haii
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 Message Posté le: Dim 13 Sep - 13:57 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Contemplant les vastes plaines qui défilaient sous le gallot affolé de son fidèle hongre, Ishtar songeait à son existence. Il avait enfin trouvé une dame, une future femme même. Il l’aimait éperdument, mais il ne pouvait s’empêcher de douter, de s’interroger sur leur relation à distance.
Son écuyer et compagnon de longue date, Karlass, le complimentait souvent sur la beauté de sa jeune compagne.


Mais un jour, Ishtar tomba dans un grand désespoir. Dans un excès de colère qu’il n’aurait su justifié, il se laissa emporter et affronta Karlass. Sans le faire exprès, il enfonça sa lame dans l’épaule de son ami.


Depuis ce jour, celui-ci ne lui parla presque plus, et c’est à ce moment là qu’il commença à écrire. Il était très souvent absent et les rares fois où Ishtar le voyait, il noircissait ses pages incessamment… Mais il ne savait pas encore à qui tout cela pouvait bien être destiné.

Entre les deux amis, un fossé était donc apparu, et plus éloigné que jamais, Ishtar avait également l’impression de perdre sa compagne.


Tous les jours, ils s’envoyaient pourtant des courriers, plus ou moins longs, selon la motivation et le temps.


S’entraînant toujours plus à l’escrime, Ishtar faisait de très net progrès, mais pas assez rapide pour lui, alors il travaillait encore, et encore, sans relâche. Sous ses coups d’estoc, ses camarades Yan et Lulu perdaient continuellement les combats.


Enfin, il avait toujours sa tendre épouse, et il l’aimait vraiment. Si ce n’est toutes ses questions qui s’imposaient à son esprit…
Comment était-elle habillée aujourd’hui? Que faisait-elle ? Tant d’interrogations sans réponses qui l’obsédaient nuit et jour…
 

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 Message Posté le: Aujourd’hui à 07:54 (2018)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique

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