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La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Les Fils d'Irra Index du Forum  » Borsippa  » La Bibliothèque de Sammar-Haa  » La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Nee'lahn
Sumer

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 Message Posté le: Mer 25 Mar - 22:23 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Le soleil se couchait doucement sur la soirée d’été peinte de rose et de reflets dorés. Un calme plat régnait sur les plaines étendues à perte de vue sur les Terres du Sud. Une fumée ocre s’élevait en volutes indistinctes près des ports acharnés de bateaux ballottés dans le vent. Les cris des oiseaux se faisaient de plus en plus tenus, aveuglés de chaleur et de volupté bienheureuse du début des moissons. Les arbres environnants dégageaient leurs parfums entêtant, en symphonie discrète avec la suave odeur des fleurs à peine écloses. 
 

    Deux jeunes filles à cheval traversaient ces contrées à la recherche du refuge, où les attendaient leurs futurs compagnons de voyage. Elles étaient habillées en tenue de cavalière, tout en cuir brun sur les tissus. L’une, Lorelaï, déployait une chevelure rousse et flamboyante, attachée sur sa nuque, le regard plus vert que l’eau qui chantait à leurs pieds, tandis que l’autre, Nee’lahn, la silhouette plus petite et plus fine, laissait voler aux vents ses longs cheveux couleur d’ébène dont les mèches rebelles venaient aveugler ses grands et tendres yeux noirs. Cela faisait plus de 4h qu’elles avaient quitté leur région natale, s’enfonçant plus profondément dans la poussière, en partance pour le mystère de l’aventure et les douceurs du climat méridional. La fatigue les gagnait un peu plus à chaque foulée mais le chemin qui leur restait à faire était à présent négligeable. Alors qu’elles regardaient la piste filer encore au loin, baignée de lumière vermeille, elles discernèrent bientôt le phare abandonné qui annonçait enfin l’imminence de leur arrivée.

Aux abords du pont, elles descendirent de monture, les rennes à la main, et bavardant gaiement, le sourire aux lèvres, elles continuèrent à pied par le petit sentier qui menait au portail de fer forgé. Quand elles passèrent entre les hauts piliers de pierre, les parents de Lorelaï les accueillirent toutes deux avec joie, attachant leurs juments au tronc d’un des grands pins. Près de la rive du petit lac qui bordait l’une des limites du terrain, un groupe de personnes, plus ou moins connues pour Lorelaï, totalement inconnues pour Nee’lahn, attendaient là leur venue. Parmi eux, se trouvaient plusieurs femmes ayant dépassé la cinquantaine, amies intimes des parents de la jeune fille, sa grande sœur Cornalis, sa petite sœur Margo, un homme seul et sa fille Leanna, un couple du même âge, accompagné de leur fils d’une quinzaine d’années, Koran, et de son cousin, Ishtar Haii, d’un an son aîné, tout comme elles l'étaient. Les deux amies, radieuses, saluèrent chacun des membres de l’assemblée, ne s’arrêtant que pour répondre à quelques questions suivant leur traversée.

Comme on leur déclarait que le repas serait bientôt prêt, elles se hâtèrent de défaire leurs bagages accrochés à leurs selles et de les déposer dans la tente qui leur était attribuée. Quand elles en eurent fini, elles se dirigèrent vers la grande tablée, près de la bâtisse où se trouvait la cuisine, attenant à une unique chambre réservée à la doyenne. Dans un sourire en coin et d’un clin d’œil, Lorelaï glissa à l’espiègle Nee’lahn dans un murmure complice :

Tu ne trouves pas que le cousin de Koran est plutôt mignon ?

Nee’lahn ne répondit pas, se contentant de lui rendre son sourire pendant qu‘elles s‘asseyaient.
    
Elle la connaissait tellement bien.
 
 

_________________


Dernière édition par Nee'lahn le Ven 17 Avr - 14:37 (2009); édité 4 fois
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 Message Posté le: Mer 25 Mar - 22:23 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Ishtar Haii
Sumer

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Inscrit le: 18 Jan 2009
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 Message Posté le: Jeu 26 Mar - 22:15 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Comme elle était belle.
   
 
    Il était pétrifié. Ceux qui l’entouraient n’étaient plus qu’ombres incertaines qui se mouvaient indifféremment près de lui. Depuis que cette femme avait passé le portail, Ishtar n’avait pas pu bouger, se contentant de rester planter là, debout, inerte. Il fut seulement capable d’émettre un faible « bonjour » quand elles le saluèrent. Perdu dans la contemplation de ses yeux d‘un noir immense, il n’avait même pas entendu qu’il devait venir manger. Il suivit le méandre de sa chevelure sur sa peau ambrée, la grâce de ses mouvements timides et mutins. Il s’attarda sur la courbe de son corps, les traits de son visage à la beauté enfantine, touchante et déchirante.

Quand les deux jeunes femmes disparurent dans leur tente, les accompagnant du regard, il revint doucement à lui… A ses cotés, Koran, tout sourire, ses folles boucles brunes tombant sur sa nuque, lui dit :

 
 
 
Neetruc est ravissante… Un pari sur le futur possesseur du cœur de cette belle dame ?

Sans même le regarder, Ishtar serra les poings et d’une voix froide et hostile lui répondit :

Nee’lahn, elle s’appelle Nee’lahn. Avant de vouloir posséder son cœur, apprends déjà son nom.

Et il se détourna, courant presque vers les cuisines d’où s’échappaient déjà les effluves alléchantes des grands fourneaux, investis par les cordons bleus du logis.

Koran, lui, resta prostré, essayant tant bien que mal de mémoriser le prénom un peu trop compliqué de la jeune fille, se grattant le menton, laissé songeur lui aussi. Quand la cloche annonça le début du repas, tout le monde, adultes comme adolescents, se regroupa autour de la grande table.

Devant eux, un sanglier rôtissait lentement, au milieu des flammes rouges qui en ciselaient les contours. On leur apprit que les hommes avait tué la bête le matin même, avec comme seul arme un couteau d’argent, et cela même pour faire honneur à leurs invités, Nee’lahn et Ishtar Haii.
Jean de la Philiiphe, seigneur des terres du même nom, en un sourire radieux, proposa à Ishtar, son neveu, le meilleur morceau de la bête.

Celui-ci, après avoir réfléchi, murmura :

Donnez-le à Nee’lahn, elle le mérite bien plus. Elle est venue a cheval, alors que moi, je fus porté par ma diligence.

Hésitante, la jeune femme lui sourit et tendit son assiette vers le feu, pendant que, derrière ses mains, son amie Lorelai dissimulait un gloussement.
Quand le morceau fumant fut dans l’assiette, à peine Nee’lahn eut-elle fait quelques pas, qu’elle perdit l’équilibre, laissant tomber au sol la magnifique tranche de sanglier... Recouverte de poussière, celle-ci n’avait alors plus aucune superbe.

Extrêmement gênée, Nee’lahn s’excusa maintes fois, avant que Koran, saisissant son occasion, ne s’approche d’elle et lui susurre que cela n’était pas grave et que ce morceau servirait de présent pour Gaia, dieu de la Terre, des faunes et des flores, afin qu’il protège la prochaine chasse. En disant ces mots, il n’avait pas quitté des yeux son cousin, pour lui faire comprendre qu’elle était sa proie.

Tout le long du repas, Ishtar se força à rester calme, serrant le poing quand Koran prenait la main de Nee’lahn, et qu’il y posait doucement un baiser. Il ne disait rien, lançant seulement quelques quolibets à Leanna dont on fêtait l’anniversaire. Elle aussi aurait pu l’intéresser, avec sa minceur et ses longs cheveux blonds, ils s’étaient assez bien entendus cet après-midi, à la plage, mais la nouvelle venue avait tout éclipsé.
A présent, il ne faisait plus rien sauf contempler le sourire charmeur et les yeux brillants de cette si belle flamme.
 

 
 
Ah, comme il l’aimait.
    

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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Jeu 26 Mar - 22:25 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Nee’lahn je t’aime criait son cœur.
  

A la fin du dîner, Koran proposa d’aller prendre un bain dans le lac qui bordait le domaine, car, même le soir, ce lac conservait la chaleur des jours.
Alors que tout le monde acquiesçait et partait se mettre en tenu, il prit son cousin par l’épaule et lui expliqua :


Je vais m’empresser de la couler, et après, c’est dans son amour à elle que je me noierai.

Sans répondre, Ishtar accéléra le pas, trop en colère contre son cousin impétueux et prétentieux pour rester sans rien faire.
Quand ils furent tous enfin dans l’eau, Ishtar décida de ne jamais quitter Nee’lahn, de toujours la garder dans ses bras.

C’est ainsi qu’il réussit tant bien que mal à éloigner Koran de sa bien-aimée, mais il déclencha en lui, la folle et irrésistible envie d’embrasser la jeune et belle femme.
Subissant continuellement les regards envieux et colériques de son cousin, Ishtar se réjouissait intérieurement, nouant sans difficulté des liens avec Nee’lahn. Il ne lui accordait aucun répit, après tout, son cousin lui avait dit :


"Je vais m’empresser de la couler, et après, c’est dans son amour à elle que je me noierai."

Alors, il se plaçait entre son adversaire et sa destinée, l’empoignant et la serrant entre ses bras musclés.

Alors, il utilisait son idée, en rêvant que la nuit ne s’arrête pas la.
 
Un jour, Tous les jours, Toujours. 
  

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Nee'lahn
Sumer

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 Message Posté le: Jeu 26 Mar - 22:29 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Le groupe de jeunes gens riaient encore quand ils sortirent de l’eau, frissonnant sur la berge aux lueurs d’argent que tamisait le clair de lune, sur un tapis d’étoiles. Ils s’assirent sur des bancs de bois, sous les immenses arbres et continuèrent à plaisanter ensemble. Les deux dernières arrivantes menaient la danse, à chaque arabesque, sa nouvelle anecdote. Leur gaieté était contagieuse et Nee’lahn ne manqua pas de remarquer l’éclat qu’avait le sourire d’Ishtar… Et celui qu’elle lui rendait tout à fait inconsciemment.
Ils ne surent dire combien de temps ils restèrent là, mais des frissons courraient sur leurs peaux partiellement nues et ils durent bientôt se décider à rentrer.

Nee’lahn courut à sa tente pour enlever son linge de corps trempé. Elle enfila ensuite sa courte robe de nuit, bleue de sa couleur préférée, et noua ses cheveux en une longue tresse d’où perlaient sans cesse des gouttelettes d’eau. Elle se blottit dans une épaisse couverture trois fois plus large qu’elle et laissa la place à Lorelaï pour se changer. La petite sœur de cette dernière attendait elle aussi derrière. Leanna, quant à elle, avait investi la salle d’eau de la deuxième maisonnette. Les garçons en avait fait de même, sous leur propre abri.

Quand chacun d’eux fut sec, ils décidèrent d’un commun accord de s’installer dans la tente des filles : elle n‘était pas trop étroite et il était bien trop tôt pour se coucher. Sur les deux grandes paillasses séparées par un tout petit couloir d’aiguilles de pin, ils choisirent leur place et s’allongèrent en soupirant. Margo, Leanna et Koran se trouvèrentt alors en face de Lorelaï, Nee’lahn et Ishtar…

Les conversations s’engagèrent, errant autour de sujets et d’autres, jusqu’à ce que la subtile Lorelaï les dévie à tel point qu’Ishtar fut amené à parler de son passé amoureux… Ainsi que de son présent. Il leur confia plus particulièrement ses peines de cœur causées par une jeune fille de sa région dont il était épris depuis plus de 2 ans. Il leur décrit sa beauté et leur histoire, affirmant que même s’il perdait espoir, les choses se précipiteraient peut-être en un heureux dénouement lors de son retour au pays. Nee’lahn, étendue près de lui, écoutait pensivement ses paroles, refusant de songer à leur instant de complicité échangé durant la baignade et à la chaleur de son sourire parfait. Elle ne pouvait cependant pas nier le petit pincement au cœur qui lui venait…

Quelques temps plus tard, la conversation prit un tout autre tour, qui la dérouta franchement. Lorelaï, qu’Ishar ne laissait pas indifférente, en était encore une fois l‘origine. Amatrice des petits jeux voués à attirer les garçons dans son filet, elle prit, pour celui-ci, sa meilleure amie comme pion principal de son échiquier. Les règles en étaient simples, quoiqu’extravagantes. D’un air enjoué, elle évoqua le fait que Nee’lahn n’avait permis, depuis tout ce temps, qu’à un seul garçon de déposer un baiser sur sa jolie petite bouche. La jeune fille, qu’on ne voyait pas rougir dans l’obscurité, devina le piège qu’elle leur tendait… Et c’est presque sans surprise, qu’elle vit son amie se tourner vers Ishtar et lui demander innocemment :

Et toi Ishtar, tu ne voudrais pas apprendre à Nee’ à embrasser ?

L’intéressée se retint de ne pas laisser s’épancher les propos acides qui lui brulaient les lèvres destinés à la faire taire. Toutefois, son étonnement grandissant ne lui en laissa quand bien même pas le loisir… Ishtar ne refusait pas… Et s’était imperceptiblement rapproché d’elle.  
 
 

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Dernière édition par Nee'lahn le Ven 17 Avr - 14:50 (2009); édité 3 fois
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Nee'lahn
Sumer

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 Message Posté le: Jeu 26 Mar - 22:32 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Elle s’en éloigna autant qu’elle put, comme prise en étau entre sa meilleure amie et ce singulier jeune homme. Elle changea rapidement de sujet, comme si de rien n’était. Pour une raison qui lui échappa, ils déménagèrent d’un commun accord dans la seconde tente, pourtant un peu petite pour y accueillir confortablement 6 personnes. Lorelaï essaya tant bien que mal de se glisser entre Ishtar et Nee’lahn mais dans le remue-ménage, elle n’y parvint pas. Ils se retrouvèrent donc, un peu trop près l’un de l’autre, sur la minuscule natte de paille. La jeune fille, épuisée, s’étendit sur le ventre, orientée vers l’entrée, le regard vagabondant au-delà de la cime des arbres, au-delà peut-être même des astres qui s’y noyaient.
Après un court moment, Lorelaï, animée par on ne sait quel tourment, sortit sans un mot de la tente. Nee’lahn la regarda longuement faire les cent pas, fantôme étrange dans sa robe de nuées blanches. En son for intérieur, elle se répétait sans arrêt que son amie n’allait pas très bien et qu’il lui fallait la rejoindre. Mais c’était sans compter sur la fatigue qui brouillait son esprit et engourdissait ses membres.
Ishtar et Koran continuaient à converser nonchalamment. Elle les écoutait sans trop les entendre, s’amusant de leurs efforts pour l'effrayer des araignées, petites bêtes dont elle avait horreur, qu'ils inventaient pour elle sous la toile.

Elle avait presque sombré quand Ishtar s’allongea encore plus près d’elle. La tête posée sur ses bras croisés, les yeux fermés et la respiration lente, annonciatrice du profond sommeil, elle ne réagit pas quand les doigts du jeune homme se perdirent dans ses cheveux ondulés, couvrant à moitié son visage. Elle ne bougea même pas quand ils vinrent caresser sa joue, et quand ce fut ses baisers qu’avec une infinie tendresse, il déposa là.
Ce ne fut que quand il lui souffla ces mots si forts et si purs qu’elle tressaillit enfin…

Je t’aime


Elle n’était pas bien sure de n’avoir finalement succomber et d’avoir glisser sans en prendre conscience jusqu’au pays des rêves. Avec un petit rire peu assuré, elle répondit en éloignant sa main :

Tu ne peux pas dire ça ! Tu ne me connais pas !


Cela ne l’empêche pas.

Avec l’insoupçonnable courage qui lui restait, elle se redressa, croisant ses bras sur sa poitrine et lui dit qu’elle voulait sortir, il se faisait tard, et il fallait dormir. Elle se baissa, tenant d’une main sa couverture serrée contre elle, écartant de l’autre la peau de bête tannée qui couvrait l’entrée de l’abri.
Elle était pieds nus sur l’herbe humide et elle ne put réprimer le violent tremblement qui secoua tout son corps face au froid mordant de la nuit. Ishtar, contre toute attente, l’avait suivie dans le noir. Il alluma une petite lanterne qui se trouvait sur le côté et passa un bras autour des épaules de Nee’lahn pour la protéger du vent. Ils marchèrent doucement, envahis par l’étrange silence qui soufflait sur leurs âmes.

Arrivés devant l’entrée de la seconde tente, ils furent surpris par Lorelaï qui en sortait, portant elle aussi une flamme vacillante à bout de bras.
Elle sursauta, braquant d’abord sa faible source de lumière sur le visage du jeune homme :

Ishtar ?

Elle descendit un peu, s’attardant sur la singulière proximité des deux personnes. Elle plissa des yeux, ayant du mal à discerner et à reconnaitre les traits de son amie :

Leanna ?

Un léger bruit se fit entendre lorsque, derrière elle, Leanna sortit à ses cotés. Elle se tourna vers elle et la stupeur frappa l’expression de son visage quand elle comprit qui se trouvait avec Ishtar :

Nee’lahn ?!!


Oui…

S’il te plait, pourrait-on entrer ? Il fait un peu trop froid dehors, et Nee’ est à la limite de tomber…


Ishtar poussa doucement sa protégée à l’intérieur. Elle avait la tête qui lui tournait, et ses jambes de coton menaçaient effectivement de se dérober sous elle à chaque seconde. Il l’aida à s’allonger, replaçant la couverture correctement sur sa mince silhouette frissonnante, et à côté d’elle, sa tête juste au-dessus de la sienne, il se remit à lui caresser les cheveux. Les yeux si noirs de Nee’lahn se plongèrent dans les siens quand il lui dit dans un murmure :

J’ai quelque chose à te dire…

Il approcha davantage sa bouche de la sienne, releva son cou tendu avec une main tremblotante… Et sous leurs paupières closes, un fabuleux arc en ciel se déploya lorsque leurs lèvres s’unirent enfin... Indescriptible union de deux parfaits inconnus en un lieu de mystère et d’inconcevable...
 

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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Ven 27 Mar - 18:38 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Quand enfin ils se séparèrent, Nee’lahn avait les joues écarlates, rouges de honte, de surprise… et de plaisir. Ishtar lui, heureux, un sourire triomphant au coin des lèvres, prit la main de sa bien-aimée, minuscule entre ses doigts. Nee‘lahn inspira longuement avant de se dégager de son emprise.
Mal à l’aise, Ishtar chercha son regard un instant, ultime tentative de compréhension et sortit prendre l’air, s’asseyant sur le sol couvert d’épines de pin. Il respira doucement, ralentissant les battements de son cœur avant qu‘ils ne viennent à lui faire mal.
Nee' vint le rejoindre après quelques minutes. Ils se regardèrent longtemps dans les yeux, main dans la main. Alors Ishtar se leva, et lui demanda :

M’aimes-tu ?

Nee’Lahn ne répondit pas. Elle avait du mal à garder son sourire. Quand son nouvel amour insista, elle répondit difficilement :

Je ne sais pas !


Ce fut comme une douche de glace pour l’homme, qui perdit tout espoir et toute gaieté.
Quand elle l’entraîna de force à l’intérieur de la tente, il s’allongea tout contre elle, mais elle se retourna, et lui imposa comme seule vue, ses cheveux encore humides.

La voix rauque, Ishtar lui murmura :

Veux-tu que je te laisse tranquille?

Oui.


Elle ne s’était pas retournée, elle avait seulement répondu d’une voix sèche et froide, d’où aucune émotion ne pouvait s’échapper.
Les larmes aux yeux, il sortit de l'abri.
Il marcha quelques temps sur les terres du domaine et sauta par-dessus le portail qui le fermait.
Marchant doucement dans la forêt, il laissa ses larmes couler... Rouler sans fin sur ses joues blêmes, ondoyantes et cruelles… Silencieux, il avançait, les seuls bruits qui émanaient de la forêt étaient ceux des animaux qui y vivaient. Mélodie sauvage envahissant son cœur, rugissement affolé du souffle qui lui manquait.

Ishtar Haii continua à marcher, imperturbable.
Quand enfin il atteignit la colline qu’il avait remarqué sur la route, le matin en venant, il s’allongea dans l’herbe détrempée par la rosée.
Regardant les étoiles, il laissa ses plaintes s’échapper pendant de longues heures. Il resta longtemps seul, en proie à mille et une hésitation. Il ne trouva pas le sommeil, les yeux fixés dans une vague obscurité, qu’était l’abîme en son for intérieur.
Quand, après des heures vautré dans sa solitude, il aperçut le soleil montant vers le ciel, il jura, et se mit a courir vers le domaine. On ne devait pas savoir qu’il était parti durant la nuit.
Son cœur, malade, tint tant bien que mal et remercia son propriétaire quand enfin il arrêta sa course effrénée.
Étant arrivé juste avant que son oncle ne se lève, il s’assit à table et commença à manger péniblement ce qui avait été préparé pour lui.

Nee’lahn, les cheveux défaits sur sa nuisette, sortit alors de la tente, riant d’une blague que Koran, le cousin d’Ishtar venait de lui raconter. Elle passa devant lui et alla embrasser les adultes.

Et à nous, tu ne nous dis pas bonjour ?


Oh, vous, je vous ai déjà vu.


Elle ne lui accorda pas même un regard.
   
   

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Ven 27 Mar - 19:32 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Elle lui avait à peine adressé quelques mots.
 

Elle n’aurait su définir le tourbillon de pensées et de sentiments confus qui l’avait assaillie à la minute même où il l’avait quittée. Mais pourquoi lui avait-il posé cette question ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à réprimer les élans incompréhensibles de son orgueil démesuré ? Pourquoi fallait-il que sa stupide fierté prenne le dessus sur ce qui pourrait le plus se rapprocher d’un préambule de bonheur ? Elle ne se comprenait pas elle-même, et pourtant, elle avait répondu oui… Et il était parti. La laissant seule et complètement perdue, étreignant l’édredon de plumes échoué là par hasard puisqu’elle ne pouvait plus l’avoir lui. Elle retenait les larmes qu’elle ne versait jamais… Il lui avait manqué à la première seconde, arrachant sa présence si réconfortante à son âme effrayée penchée au bord du vide. Elle avait le vertige… Mais n’était pas allée le retrouver…

Elle qui avait tant besoin de repos, ne retrouva qu’une veille agitée qui ne lui en offrit aucun. Lorsque Lorelaï avait enfin ouvert ses beaux yeux verts, le soleil commençait déjà son ascension haut dans le ciel. Elle avait battu des cils en apercevant son amie assise, les genoux repliés sous son menton, les sourcils froncés. Elle s’était redressée avec un bâillement et était venue s’assoir près d’elle. Nee’lahn lui avait raconté à mi-voix ce qui s’était passé et c’est avec une grande sagesse, et sans rancune visible, que la jeune fille lui avait conseillé d’aller parler à Ishtar dès que l’occasion se présenterait. Déposant un baiser sur sa petite tête agitée, Lorelaï s’était levée, aidant Nee’lahn à en faire de même, et elles étaient parties déjeuner.

Cela faisait déjà deux heures. Et elle lui avait à peine adressé un regard. Elle avait préféré jouer l’indifférence, évitant le plus possible de se trouver trop près de lui, discutant avec toutes les personnes présentes, excepté Lui… Koran, de très bonne humeur, plaisantait sans cesse et elle joignait son rire au sien, faisant abstraction de son existence. Ishtar se taisait, insaisissable dans son mutisme. Lorelaï essayait tant bien que mal de le dérider, mais ce fut sans succès.
Après leur collation, les filles partirent en direction de la salle d’eau, faire un brin de toilette. Inutile de préciser de quoi elles débattirent pendant tout ce temps-là.

Un peu plus tard, alors que la matinée touchait à sa fin, la chaleur environnante les poussèrent tous sur les rives du lac… Margo et Leanna grimpèrent sur les rochers qui le surplombaient pour se jeter à l’eau, délicieusement fraiche. Lorelaï et Nee’lahn s’arrosaient allègrement jusqu’à ce que Koran et Ishtar ne décident qu’elles mériteraient bien d’aller suffoquer un peu sous la surface scintillante… Elles se mirent à crier et à rire encore plus fort tandis que les garçons les poursuivaient…
A bout de souffle, Ishtar s’adossa à la paroi rocheuse et fixa son regard sur Nee’lahn pour ne plus le détourner de son image. Par une incroyable coïncidence, les deux amies furent bientôt repousser près de lui. D’un simple coup d’œil, Lorelaï reconnut là l’occasion qu’attendait sa meilleure amie sans oser l’aborder. Sans prévenir, elle la fit se rapprocher de lui et repartit à la poursuite de Koran, encourageant Nee’lahn d’un sourire.

Cette dernière ne se trouvait plus alors qu’à quelques centimètres du jeune homme qui fixait à présent l’horizon ostensiblement. Elle détailla les moindres détails de son visage fermé à toutes émotions, s’arrêtant sur ses yeux et sa bouche pincée. Elle détestait avoir à faire le premier pas, et en réalité, elle ne le faisait jamais… Pourtant se dit-elle, le premier pas, c’était bien lui qui l’avait fait hier… Elle tendit lentement sa main jusqu’à ses cheveux bruns ébouriffés. Elle se pressa doucement contre lui alors qu’il passait un bras autour de ses épaules dénudées. Il ne restait plus qu’eux, dans leur rêve inanimé… Ils s’embrassèrent longuement, emballant de nouveau les battements de leurs cœurs. Nee’lahn posa sa tête près de son cou et dans un soupir lui demanda pourquoi il était finalement parti.

Pourquoi m’as-tu laissé partir ?

Nee’lahn laissa échapper un petit rire nerveux mais elle ne sut quoi lui répondre.
Il releva son jolie visage jusqu’au sien, plongeant son regard dans le sien et pour la seconde fois, il lui murmura :

Je t’aime

Et elle ne sut quoi lui répondre.
 
 

_________________


Dernière édition par Nee'lahn le Ven 17 Avr - 15:04 (2009); édité 1 fois
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Ishtar Haii
Sumer

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 Message Posté le: Sam 28 Mar - 15:00 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Surtout, il ne faut pas que les adultes soient au courant Ishtar, ils nous sépareraient.

Oui, nous devrons nous cacher mon amour, ne t'inquiète pas... je t’aime...

A peine l’avait-il retrouvé, qu’Ishtar dut l’abandonner encore. Jean de la Philiiphe avait pressé Koran, Ishtar et Cornalis à le suivre pour effectuer une course importante chez un seigneur voisin. Cette mission des plus précipitées avait pour but l’approvisionnement en tenues de bain du domaine. En effet, les jeunes seigneurs n’étaient pas célèbres pour leur délicatesse envers les vêtements.
Laissant donc sa bien-aimée seule, Ishtar monta à cru sur son étalon noir, Vaybè. Koran lui, sauta sur le sien, un bel hongre des terres lointaines qui se nommait Reverye.
Quand les quatre cavaliers furent près, Jean les guida à travers la grande forêt qui entourait le domaine, sur  une route sinueuse et étroite, ce qui n’empêcha pas Koran de défier Ishtar à la course, proclamant que son lourd étalon ne tiendrait jamais contre son beau Reverye.
Mais son cousin souriait, Vaybè n’était pas connu à travers tous les royaumes pour sa vitesse, mais pour son endurance. Il n’allait pas plus vite qu’un cheval normal, mais pouvait tenir plusieurs heures au triple galop, et Koran le savait. Ce pari inutile n’avait pour unique but que de se venger d’avoir laissé Nee’lahn se dérober et d’avoir permis à Ishtar de la conquérir.

Tout se déroulait à merveille et les négociations étaient bonnes. Jean de la Philiiphe avait réussit à avoir, pour un prix minuscule, un approvisionnement journalier bien plus conséquent qu'à l’accoutumé.

En revenant, Koran se tourna vers son cousin, et lui dit :

Je ne baisse pas les bras très cher, aujourd’hui elle est tienne, bientôt, elle sera mienne.

Et lançant son hongre dans une course folle, celui-ci fit un mauvais écart et désarçonna son cavalier.
Riant à pleins poumons, Ishtar découvrit enfin le sens réel du mot bonheur, il avait une femme et une famille… admirable… Que pouvait-il avoir de plus…

Quand ils arrivèrent au domaine, ils apprirent que Nee‘, Lorelaï et Margo étaient parties à la mer. Ensemble, Koran, Cornalis, et Ishtar firent faire demi tour à leur monture et dans un sourire, Ishtar demanda a son cousin :

Le premier a la plage ?

Et, sans prévenir, talonna Vaybè qui bondit en avant.

Quand  enfin ils arrivèrent tous trois sur la plage, ils cherchèrent des yeux les trois jeunes femmes, qu’ils découvrirent allonger au soleil, n’ayant pas mis un pied dans l’eau. En rang d’oignons, les yeux fermés, elles bronzaient oisivement sur le sable brûlant.
En un regard, Ishtar et Koran bondirent de leur chevaux, soulevèrent Nee’lahn du sol, hurlant contre ses assaillants,  et la lancèrent dans l’eau glacée.
Le compagnon de la jeune fille la rejoignit et elle se débattit pour le faire plonger à son tour. Tous deux savourèrent les quelques instants de tranquillité qu’ils vécurent alors, seuls, à s’embrasser dans l‘onde bienfaitrice.

Au retour, Nee’lahn emprunta le cheval de Cornalis et laissa celle-ci prendre place dans la diligence qui la ramènerait, avec Lorelaï et Margo, au domaine.
Koran, Nee', et Ishtar, eux, prirent leur temps, profitant de la quiétude de cette fin de journée pour s’approprier quelques grappes de raisin des vignes environnantes, assis sur un rocher en bord de route.
Lors de la dégustation de ces succulents fruits, les deux amoureux échangèrent des baisers timides... Quelle ne fut pas leur surprise de voir, alors que leurs lèvres se décollaient un instant, Jean de la Philiiphe passer sur son étalon, et leur sourire avec un air radieux.

Ils n’avaient pas gardé leur secret bien longtemps…
 
 

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Sam 28 Mar - 19:53 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Tous trois rentrèrent les derniers. Ils attachèrent leurs chevaux, leur donnèrent à boire et à manger, ainsi qu’un petit coup de brosse pour enlever les grains de sable accrochés à leurs robes, avant de se nettoyer un peu eux-mêmes.
Quand tout le monde fut réuni, Lorelaï sortit un jeu de cartes, et ils en profitèrent jusqu’à l’annonce du souper. Nee’lahn et Ishtar avaient également investi le jeu de paume et avaient alors découvert avec plaisir qu’ils partageaient la même passion pour la lecture.
Lorsqu’ils passèrent à table, les deux jeunes gens se tinrent loin l’un de l’autre, car malgré la connaissance qu’en avait Jean de la Philiiphe, Nee’lahn refusait de se dévoiler aux parents de Lorelaï, qui ne manqueraient pas d’en informer les siens.
Nee’lahn et son amie conversaient agréablement, jetant des coups d’œil enjoués aux garçons qui s’affrontaient en une joute verbale hallucinante. A l’arrivée du dessert, Ishtar, qui ne pouvait nouer de dialogue explicite, se mit en tête de faire du pied à Nee’lahn… Il tendit sa jambe au maximum, rencontra un mollet, et guetta la moindre réaction de la part de l’élue de son cœur. Hélas, ce fut Lorelaï qui bondit à moitié... Avec forces gestes, elle essaya de lui faire comprendre qu’il se trompait de personne, mais ce ne fut qu’avec une extrême lenteur qu’Ishtar prit conscience de son erreur… Lorsque Koran et Nee’lahn le comprirent aussi, ils s’esclaffèrent à l’unisson, et se moquèrent gentiment du pauvre Ishtar.

A la fin du diner, la maisonnée n’embauchant pas de domestiques, la tache de la vaisselle avait été naturellement réservée aux plus jeunes. Ils se mirent au travail, tandis que Koran, sa citole sur les genoux, poussait la chansonnette. Tout en essuyant les assiettes, Nee’lahn et Lorelaï dansaient et riaient devant lui, alors qu’Ishtar les regardait faire d’un œil noir… Sa bien-aimée faisait, lui semblait-il, les yeux doux à un autre, et s’il y avait bien une chose pour laquelle il était intransigeant, c’était bien pour celle-ci. En serrant les dents, il s’abstint cependant de tout commentaire, rêvant seulement d’écraser la lourde marmite d’étain sur la tête de son horripilant cousin. Nee’lahn ne s’aperçut de rien, mais Lorelaï, compatissant à la situation qu’endurait le jeune homme, fit en sorte de le calmer.

Pour le reste de la soirée, ils décidèrent de déplacer les nattes de paille et les couvertures dehors, afin de pouvoir dormir à la belle étoile. A peine étaient-ils allongés, que Koran et Ishtar, qui oubliait sa rancœur, se mirent à raconter des histoires mirobolantes sur des monstres extraterrestres venus les envahir, logés dans les étoiles filantes, ou bien sur les esprits de la forêt qui ne manqueraient pas de tous les dévorer à l’instant même où ils fermeraient l’œil. Quand tous les autres furent endormis, il ne resta plus qu’Ishtar et Nee’lahn, pour observer la lune argentée. La jeune fille était tendrement blottie dans ses bras et dans un état second, elle écoutait attentivement le récit qu’il lui faisait de sa vie mouvementée… Il lui caressait les cheveux et ne s’arrêtait de parler… Ils étaient tellement bien là tous les deux, que le monde pouvait bien s’arrêter de tourner…

L’amour, c’était tout ce qui leur importait…
 
 

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Ishtar Haii
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 Message Posté le: Sam 28 Mar - 21:03 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Quand le soleil fit son apparition, il n’égalait en rien la lumière éclatante de leur bonheur sur leurs visages.
Ils passèrent une journée tranquille, entre quelques plongées dans le lac, ou simplement à savourer le temps qui leur était donné.
Alors qu’ils faisaient une petite sieste improvisée sur les nattes étendus près du lac, Ishtar et Nee’lahn furent rejoints par Lorelaï qui prit place à leur coté. Nee’lahn qui connaissait par cœur le moindre de ses déboires et qui était une grande observatrice des comportements humains n’avait pu s’empêcher de remarquer que, malgré leur apparente amitié, une froideur palpable ne manquait de s’installer entre son amie et Koran alors qu’ils se retrouvaient trop à proximité. Elle en connaissait bien sur les raisons, mais Ishtar, qui les ignorait totalement, pressa Lorelaï de lui en faire part, prônant qu’il pourrait peut-être l’aider à s’en débarrasser. La jeune fille qui ne savait pas très bien si elle pouvait lui faire confiance, se laissa tout de même entraîner par son naturelle bavard et sa grande sociabilité.

Tu sais que Koran est un ami d’enfance à qui je tiens beaucoup ? J’ai passé la plupart de mes vacances avec lui, il était un peu comme mon petit frère, membre immuable de ma famille hétéroclite. Je n’aurais jamais imaginé chose pareille venant de lui, lui, le petit garçon tout nu avec qui je jouais et que je poursuivais dans les champs de notre jeunesse perdue… Le fait est, qu’un jour, il y a de cela quelques mois, lors d’une réception organisée dans ma demeure par mes parents, pour fêter l’avènement de la nouvelle année, il eut un comportement des plus étranges. Je portais ce soir-là une petite robe plutôt jolie et qui m’allait exceptionnellement bien et je remarquai soudain quel subite intérêt il y portait. Je ne sais par quel hasard nous nous retrouvâmes seuls tous les deux, débarrassés de la présence intempestive des deux petites filles hyperactives dont nous avions la charge, mais l’ami que je connaissais se changea soudain en prédateur incalculable. Alors que nous regardions les troubadours chanter par la fenêtre de ma chambre, Koran se pressa contre moi, plaçant une de ses mains sur mon bas ventre, me retournant face à lui. Il posa ses lèvres sur mon cou, tenta de me voler un baiser, me murmurant à l’oreille des propos inconcevables, et c’est avec un
grand mal que je parvins à m’en détacher. Je ne le giflai pas mais un malaise insupportable nous étreignit tous deux. Quand nous redescendîmes, il se mit même à boire, me condamnant comme unique fautive à son malheur. Depuis, comme tu as pu le voir, il m’est très difficile de faire comme si de rien n’était, comme s’il n’était qu’un ami d’enfance qui serait toujours rester à sa place sans jamais tenter de changer de statut…

Mais as-tu essayé d’en parler avec lui ?

Oui, j’ai essayé… Malheureusement, il s’est trouvé une excuse pour échapper à ses responsabilités… Il me dit sans vergogne qu’avec un ami, il avait bu une grande quantité d’hydromel avant de venir chez moi, qu’il ne se rappelait de rien et qu’il n’était pas conscient de ses actes. Je n’y crois pas une seconde, mais il refuse de communiquer sur ce point et de mettre les choses au clair. Cela me désole, je ne veux pas perdre un être qui m’est aussi cher.

Et… Es-tu sure que le repousser était bien la chose que tu désirais ?

Et bien… Il est vrai que je me suis longuement posée la question, qu’après tout, on pourrait être bien ensemble… Je ne sais pas, je sais seulement que je ne veux pas le perdre en tant qu’ami… Je ne crois pas être amoureuse de lui et je ne veux pas tout gâcher sur un simple coup de tête…  
 

Ishtar se retint de rire, et c’est avec un grand sérieux qu’il lui proposa de régler le problème à sa façon. Nee’lahn, qui réprimait son fou rire, lui dit que ce n’était pas une bonne idée et qu’il devait les laisser se débrouiller tous seuls. Lorelaï hésitait, mais le jeune homme ne se laissa pas démonter. Alors que cette dernière se cachait sous une couverture, d’appréhension et de gêne, Ishtar appela son cousin. Koran arriva lentement, marchant lourdement vers les nattes de paille. Alors qu’il se tenait devant eux, Nee’lahn enfouit son visage sur la poitrine d’Ishtar, étouffant son rire qui ne manquerait pas d’éclater au moindre mot déplacé. Elle crispa ses doigts sur le haut de corps du jeune homme…

Koran, Lorelaï nous a conté les évènements survenus lors de la fête de la nouvelle année. Elle prétend que tu refuses d’admettre ce qui s’est passé, et que tu fais mine de ne pas t’en rappeler, l’esprit drogué par l’abus de boisson.


Oh. Je ne mens pourtant pas. J’avais bu avant de venir et je ne m’en rappelle pas. Je suis désolé si j’ai eu un comportement inadapté, mais vraiment, je ne me souviens de rien et je n’en suis pas responsable.

Allons cousin, nous sommes toujours responsables de nos propres actes. Elle te plait bien, non ?

Je la connais depuis trop longtemps pour cela.

Voyons, nous nous connaissons assez bien pour savoir tous deux aussi bien l’un que l’autre qu’un homme, enhardi par ses pulsions, ne s’arrête pas à ce genre de détail ! Le fait est, que finalement, ça n’aurait pas été de refus…

Nee’lahn serra les dents sur le vêtement d’Ishtar, suffocant presque à force de se contenir. Lorelaï, toujours dissimulée sous sa couverture, essaya tant bien que mal de donner un coup de pied dans les cotes d’Ishtar pour le faire taire.

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire qu’en y repensant bien, la demoiselle se disait qu’elle pourrait se laisser attirer par ton charme fou et par ton désir appréciateur… Sans parler de ton sourire ravageur, mon vieux… A bien y repenser, moi aussi, tu m’excites comme une bête, cousin…

Nee’lahn et Ishtar, n’y tenant plus, éclatèrent de rire devant la stupéfaction stupide de Koran et le cri de désespoir de Lorelaï. Celle-ci se leva, se jeta sur Ishtar pour le frapper de ses poings tandis que Koran, se passant une main consternée dans les cheveux, s’éloignait en soupirant. Il venait encore une fois d’être victime d’une des frasques de son cousin… Il se faisait toujours avoir à ce petit jeu là…

Bien entendu, cela ne résolut pas grand-chose entre Lorelaï et Koran, mais ça ne fit qu’accroître la complicité de Nee’lahn et Ishtar. La jeune fille, prise d’une étrange passion pour lui, rayonnait de plaisir à se trouver en sa compagnie… Dés lors, ils ne se quittèrent plus d’une semelle.
 
Beaucoup plus tard, alors que le souper touchait à sa fin, un magicien arriva dans le domaine. Encore un de ses charlatans pensa Ishtar... Mais celui-ci leur expliqua que pour quelques pièces d’argent, il leur ferait les plus beaux tours qu’ils n’aient jamais vu.
Se disant que ça valait le coup, Ishtar lança une pièce au magicien, qui, suite à un enchaînement de signes étranges, déclencha  une pluie de lumière dans le ciel, et une autre, et une autre... c'était absolument magnifique.

Ishtar était sur le point de dire « je t’aime » à Nee'lahn, quand il se ravisa. Il hésitait longuement pour le dire maintenant, face aux réactions que celle-ci avait.
Quelle ne fut pas sa surprise quand elle se tourna vers lui, et avec un sourire immense l’embrassa, en lui murmurant :

Je t’aime

Le feu d’artifice éclata dans son cœur bien plus puissamment que les gerbes d’étincelles qui enflammait la nuit.
  

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Dim 29 Mar - 14:20 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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La jeune fille avait longuement hésité avant d’écouter enfin le cri de son cœur qui sonnait en résonance avec son âme, son rythme à présent basé sur la cadence du sien. Était-ce la magie de l’instant ou la merveilleuse journée qu’ils venaient de passer qui l’avait libéré ? Elle ne saurait le dire. Mais elle voyait en elle une étrange clarté, une plénitude qu’elle n’avait jamais atteinte jusqu‘ici. Alors qu’elle se plongeait toute entière dans son regard plein d’amour et de passion à peine naissante, tout ce qui l’entourait n’était plus, il n’y avait qu’eux deux, sur les sillages des rêves qui les menaient tous deux.

Comme la nuit précédente, lorsque la respiration lente des 5 autres se fit entendre, ils restèrent des heures à discuter, Ishtar continuant le récit de sa vie. Nee’lahn, qui n’avait jamais été douée pour parler d’elle, l’écoutait avec délectation. Quelques temps plus tard, alors que l’aube ne s’était toujours pas levée, et qu’ils s’étaient enfin assoupis, un troubadour dans le lointain entonna une chanson qui les réveillèrent soudain. Ses paroles résonnaient dans le domaine, mais elles n’avaient touchés que les jeunes amants :

Allez ma gueuse, je t’emmène aux champs, je t’enlève, moi, ton prince charmant… Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel, pas artificiel…


Ishtar, qui adorait cette rengaine, se leva et attira Nee’lahn, l’esprit encore embrumé, près de lui.

Et j’aimerai qu'tu montes mon cheval blanc, qu'tu fasses la cuisine un peu plus souvent… Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel, pas artificiel…


Ils dansèrent en riant, les autres ne se réveillèrent pas.

Le lendemain, quand Ishtar se réveilla, sa douce lui tournait le dos. Il avait sombré en plein milieu d’une phrase, mais sa belle devait déjà dormir depuis longtemps quand le sommeil l’avait pris.
Il avait parlé tout seul… Comme souvent…

Et où était-elle là ? Face à son charmant cousin, le visage à quelques centimètres de lui.
Un élan de jalousie prit aussitôt le cœur d’Ishtar, mais, celui-ci, raisonnable, se calma vite. Après tout, elle avait juste tourné sur elle-même, il ne devait pas voir ici le fruit d’un péché.

Lorsqu'enfin elle émergea, elle se frotta les yeux, vit le visage de Koran à quelques centimètres du sien, mais ne bougea pas... Celui-ci venait d’ouvrir les yeux, elle lui fit un grand sourire, et lui adressa un bonjour chaleureux.

Ishtar se leva alors, les mains sur les hanches, il ne dit rien, Nee' comprit qu’il était fâché, elle le força à se rallonger et lui demanda de l’embrasser.

C’est avec plaisir qu’il s’exécuta, tout en la ramenant avec son bras tout contre lui.

 

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Ishtar Haii
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 Message Posté le: Dim 29 Mar - 21:41 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Quand ils se furent tous levés et qu’ils eurent mangé, les adultes leur expliqua le programme du jour : ils iraient en ballade dans la forêt et puis, ils feraient une randonnée à la montagne la plus proche.
Heureux comme un enfant, Ishtar sauta de joie, et subrepticement embrassa Nee’lahn. Celle-ci le repoussa doucement, laissant échapper un petit rire devant tant d’enthousiasme. Par chance, personne ne les regardait.

Ils marchèrent donc tous ensemble à travers les bois sur les sentiers montant vers le sommet de la montagne, le Col de l’éternel.

Le chemin était large maintenant, et il montait, toujours plus abruptement vers ce magnifique col. Les heures s’étirèrent sans fin alors qu’ils progressaient précautionneusement, évitant les branches et les rochers obstruant le passage, évitant les rencontres malvenues et les bêtes indomptés.
Alors qu’il ne restait que quelques mètres à parcourir pour y arriver, Ishtar pris Nee’lahn par la main, l’empêchant de l’enlever pour se dissimuler, il lui demanda de la garder, et elle le fit.
C’est ensemble, et unis, qu’ils atteignirent le sommet du Col de l’éternel.
Symbole que, même si leur histoire serait dure et difficile à vivre, ils surmonteraient toujours tous les obstacles ensemble.

Et c’est à cet instant que Koran comprit qu’il n’aurait jamais Nee’lahn.

Et que, sans en avoir conscience, il l’accepta.

Quand enfin ils rentrèrent au domaine, une nouvelle pensionnaire, du même âge qu'eux les attendait. Julietta.

Une fois les présentations faites, Nee’lahn dit alors à Ishtar qu’elle ne voulait pas le voir près de cette fille, qu’elle représentait un trop grand danger pour elle. Elle plaisantait, mais au fond d’elle, les premières jalousies pointaient le bout de leur nez, et de cela, elle n’avait aucune habitude.

En fin d’après-midi, une jeune femme d’une vingtaine d’année arriva également au campement. Dame Eléanore était d’une très grande gentillesse, et elle qui avait passé son enfance sur ses terres, apprenait avec plaisir qu’une nouvelle génération de jeunes gens venaient ainsi s’y investir. Ils partirent à la plage, divisés dans les deux calèches, avec la mère de Lorelaï et Dame Eléanore.

Tandis que les autres s’arrosaient copieusement entre les vagues déchainées, Ishtar et Nee’lahn, se promenèrent main dans la main, suivant la courbe de la rive. Ils écrivirent leurs initiales sur le sable, tout en ramassant des coquillages torsadés que Nee’lahn garderait précieusement. La jeune fille tenta de lui apprendre une de ces autres ballades amoureuses que l’on entonnait souvent dans son pays. Ils finirent tous deux dans l’eau, et elle réussit.

Le soleil commençait sa descente vers l’autre bout du monde. Ils retrouvèrent les autres et décidèrent d’organiser une petite fête le soir même. Pour cela, il leur fallait se rendre à la taverne la plus proche pour y acheter quelques fûts de bière et quelques bouteilles de liqueurs. On demanda, avec maintes hésitations, à Dame Eléanore si elle pouvait les y porter avec sa diligence, et à leur grande surprise, elle répondit que oui. Nee’lahn, Ishtar et Lorelaï s’en allèrent donc avec elle.

Mais la vente et l’achat d’alcool n’était pas préconisée pour les jeunes gens de bonne famille. Ils se séparèrent donc, les deux filles d’un coté, Ishtar de l’autre. Nee’lahn et Lorelaï se chargèrent d’un fût de bière et d’une eau-de-vie commandée par Julietta, alors qu’Ishtar s’occupa des autres fûts et des liqueurs. Dame Eléanore les attendait dehors. Malheureusement, le tavernier refusa de vendre son alcool aux jeunes filles et il appela un de ses gardes personnels pour vérifier l’identité d’Ishtar. Celui-ci n’eut d’autre recours que d’aller chercher Eléanore et de la faire passer pour sa maîtresse ayant affecter son domestique au réapprovisionnement de boisson pour la réception qu’elle préparait dans son palais. 
Ils s’en tirèrent finalement avec quatre tonneaux de bière et huit bouteilles de liqueur.
En riant, ils rentrèrent enfin au domaine, dissimulant leurs acquisitions aux yeux des grandes personnes…

Malgré leur mésaventure, la soirée s’annonçait bonne…    
 

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Lun 30 Mar - 18:19 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Les jeunes gens étaient tous assis en cercle autour d’un grand feu. Ishtar, une mandoline à la main, entonnait un air endiablé quand sa bien-aimée, posant les deux mains sur ses genoux, l’embrassa.
La soirée avait bien commencé et Koran avait sortit quelques feuilles de tabac de sa sacoche et avait proposé à ses amis de fumer quelque peu.
La bière, ainsi que la liqueur, coulaient abondamment et quand Ishtar et son cousin en eurent bu la moitié à eux seuls, ils en donnèrent enfin aux autres.

Alors que tout se passait bien, Ishtar reprit sa mandoline et entama l’air que lui avait appris le matin même sa douce compagne.

Quand Koran réclama une chanson à boire, son cousin se leva, suivi par son commanditaire et tous deux, une chopine dans la main, une pipe dans l’autre, commencèrent à vociférer :
  
Quelle soit blonde ou brune,
Qu’il soit blond ou brun,
L’alcool et la tabac
Sont pour nous tristes scélérats,
Ils nous entraînent,
Dans maintes débauches,
L’alcool et le tabac...

 
 

Plusieurs fois ils reprirent ce refrain jusqu'à ce que la pluie commence à tomber et qu’ils durent tous se réfugier sous les tentes.

Une fois à l’intérieur, la fête continua, sans tabac, mais toujours avec beaucoup d’alcool.
Les deux jeunes hommes consommaient bien plus que les demoiselles mais ne paraissaient pour autant pas plus saouls qu’elles.

Un moment, alors qu'Ishtar se plaquait contre Nee', dans l’espoir de lui voler un baiser, celle-ci , le regard fixé sur ses mains croisées et la voix peu assurée, lui dit :

Tu sais Ishtar, quand nous rentrerons chez nous, chacun de notre côté, je ne sais pas si nous devrons continuer...

Surpris, le jeune homme ne répondit rien, et quand les lèvres de Nee' le touchèrent il ne bougea pas.
Perdu, il resta figé. Il ne reprit vie que quand Koran lui passa la bouteille de liqueur. C’est alors qu’il en fini les trois quarts, et sans même un mouvement de dégoût en demanda une autre.

Nee’lahn tenta de l'arrêter, il la repoussa, elle lui expliqua qu’elle n’aimait pas le voir boire.

Pris d’un accès de violence, celui-ci s’emporta et cria :

Et cela peux-te faire quoi, hein ? Dans deux jours, nous ne serons plus ensemble comme tu l'a dit. Et je pourrai boire tout mon saoul, je pourrai fumer et même me tuer si j’en ai envie, puisque toi, tu ne seras plus là, vu que tu souhaites me quitter après ces quelques jours et ne pas continuer notre relation !!!
Aveuglée que tu es par ton égo, tu ne penses qu’à toi, qu'aux petits problèmes que nous apportera un quotidien loin de l’autre, et pas au bien que tu me ferais !!!


Sur ces mots, il quitta la tente, emportant avec lui un fût de bière plein.
 
  

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Lun 30 Mar - 21:24 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Nee’lahn, les larmes au bord des yeux et la démarche à peine chancelante le suivit. Il était allongé sur l’herbe, et fixait le ciel dans un silence pesant. Sans rien dire, elle s’assit près de lui et lui caressa les cheveux. Il se releva à demi, la foudroya du regard et écarta violemment sa main :

Nous n’avons plus rien à nous dire, je crois. Les vacances sont terminées, et nos petits plaisirs aussi.

Ishtar…

Je n’aurais finalement été dans ta vie qu’une amourette sans importance, et aussitôt repartie, tu m’oublieras, comme si je n’avais jamais existé…

Non, mais…

Moi qui croyais avoir rencontré la femme auprès de laquelle je finirai mes vieux jours… Je l’avais senti pourtant, et je le sens malheureusement encore. Je t’ai aimé dès le premier regard, alors que tes sourires me coupaient le souffle… Je sentais que nous deux, c’était inaliénable, inévitable, et d’une telle évidence… Rappelle-toi la montagne, rappelle-toi sur la plage…

Il secoua la tête, avala une longue gorgée de bière et murmura :

Sache que j’aurais tout donné pour toi… Mais tu n’es en fait qu’une fille de joie qui…

Je t’interdis de dire ça !

Elle se retint de le gifler et serra les poings.

Tu ne comprends donc rien ! Nos royaumes sont situés à des lieues l’un de l’autre. Comment veux-tu que l’on puisse faire ? Vivre séparés jusqu’au mariage alors que nous venons de vivre les plus beaux instants de nos vies ? Comment veux-tu que l’on puisse continuer ainsi, à nous manquer un peu plus à chaque jour qui nous éloigne, à regretter sans arrêt la beauté du passé et ce que nous avons partagé… Comment ne veux-tu pas en souffrir ? Il y a des jeunes filles beaucoup mieux que moi Ishtar. Plus belles, plus cultivées, plus intéressantes, plus riches… Tu m’oublierais… Tu m’oublieras…

Je refuse ! Ne te trouve pas d’excuses ! Tu ne m’as jamais réellement aimé, tu n’es qu’une menteuse hypocrite. Je te croyais sincère, je te faisais confiance, je pensais même que tu y croyais.

Il donna un brutal coup de pied dans le tonneau encore rempli d’alcool.
 
Ishtar, je suis réellement amoureuse de toi !

Non, sinon tu accepterais d’en payer le prix comme je le fais moi. Mais tu ne le feras pas… Adieu Nee’lahn.

Ishtar se leva, ne marchant pas droit, il trébucha un instant et resta prostré sur le sol, des sanglots plein le cœur…  Nee’lahn s’était mise à pleurer et recroquevillée contre un arbre, elle tremblait de chagrin plus que de froid. Ils restèrent longtemps là, s’aimant l’un l’autre, se détestant eux-mêmes… Au bout d’un certain temps, Ishtar, qui retrouvait espoir devant les larmes, si rares d’habitude, que versaient sa bien-aimée pour lui et leur histoire, s’approcha doucement d’elle, posa ses mains sur ses épaules frissonnantes et lui dit :

Ne pleure plus ma douce… Oh ma belle, si tu savais comme je t’aime… Et comme tes pleurs me fendent le cœur… Ne pleure plus, je suis là, tout près de toi.

Mais bientôt tu ne seras plus là…

Sa voix se brisa et elle ne dit plus rien.

Regarde-moi… Et dis-moi… A quoi servent les calèches, à quoi servent l’encre et le papier, pourquoi avons-nous inventer les routes et les lettres, mon amour ? Pour que ceux qui se trouvent trop loin puissent continuer à communiquer… Et puisse même se rendre visite…
Je ne dis pas que ce ne sera pas difficile, mon ange. Je dis seulement que si nous le voulons vraiment, si nous y aspirons du plus profond de notre être, nous pouvons y arriver… Nous pourrons le faire…   

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Nee'lahn
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 Message Posté le: Ven 17 Avr - 15:33 (2009)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique
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Elle le regardait, les yeux brillants de larmes et de passion, elle le regardait, et lui, il souriait. Il caressa des bouts des doigts sa joue humide, avança lentement son visage vers le sien sans la quitter du regard, et l’embrassa aussi tendrement et intensément qu’il le pouvait. Il la serra contre lui à l’étouffer, se sentant à nouveau pousser des ailes, là, tout près d’elle. Entre ses bras à la chaleur immense et au réconfort indescriptible.
Elle aussi, toute perdue qu’elle était, était aux anges contre sa poitrine et son cœur qui se précipitait. Contre son petit cœur malade qu’elle se jurait de protéger parce qu’il était tout ce qu’elle désirait, tout ce qu’elle chérissait et que son cœur à elle, elle le lui avait donné.

Quand une brise vint les tirer de leur torpeur bienheureuse, il se leva, lui donna la main et ils marchèrent ainsi, tous les deux, dans le noir. Leurs pas les guidèrent jusqu’à la rive du lac peint de mille reflets par la poussière céleste qui voletait sur les astres, tout là haut.
Ishtar déplia la couverture que Nee’lahn n’avait pas quitté pour qu’ils s’y étendent tous deux. Pendant qu’elle se blottissait contre lui, il lui répéta ô combien il l’aimait et à quel point leur histoire pouvait être merveilleuse.

Bientôt, on la chantera dans les tavernes et à la cour, le monde n’en aura jamais vu de pareil ! Nous serons célèbre par notre seul amour, et je te rendrai la plus heureuse de la terre…

Elle rit faiblement et se laissa emporter par la berceuse de sa voix. Elle naviguait avec lui dans un monde de féérie et ils en étaient rois. Elle releva la tête pour déposer un tout petit et tout doux baiser sur ses lèvres entrouvertes. Il lui en fit une dizaine, et ils roulèrent sur leur couverture en éclatant de rire. Ils étaient ensemble, heureux, et c’était tout ce qui comptait. Ils s’offraient l’un à l’autre et se juraient de tout faire pour que cela fonctionne entre eux. Ishtar l’emprisonna finalement à l’aide de ses bras et de ses jambes et l’embrassa fougueusement. Il laissa errer ses mains sur son corps brulant. Il lui demanda dans un chuchotement ardent si elle lui faisait confiance. Elle lui répondit oui. Il lui dit alors qu’avec lui, elle n’aurait jamais à avoir peur.
 

Et par ces mots, il la toucha au plus profond d’elle-même...
 

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 Message Posté le: Aujourd’hui à 07:57 (2018)    Sujet du message: La véridique (ou presque) histoire d'un amour féérique

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